Nouvelle publication sur l’utilisation des méthodes de recherche axées sur les arts photographiques dans le domaine de l’usage de substances 

L’équipe Qollab signe une publication intitulée « Photographic arts-based methods in substance use research: A scoping review », publiée dans la revue International Journal of Qualitative Methods.

Cette revue de portée (scoping review) explore l’utilisation des méthodes de recherche axées sur les arts photographiques (photographic arts-based methods) dans le domaine de l’usage de substances.

Cet article met en lumière les résultats d’une synthèse systématique de la littérature scientifique publiée depuis l’an 2000. Il présente la manière dont la photographie (telle que le photovoice ou l’élicitation photo) est mobilisée pour documenter les réalités des personnes qui consomment des substances, favoriser leur empowerment et soutenir les démarches de défense des droits et de transformation sociale.

L’analyse porte sur 60 articles scientifiques identifiés dans plusieurs bases de données (MEDLINE, CINAHL, PsycINFO, Scopus et Google Scholar). L’étude examinait les objectifs des chercheurs, les bénéfices rapportés par les participant·e·s, ainsi que les défis méthodologiques, éthiques et pratiques propres à ces méthodes visuelles et participatives.

Ces résultats nous apprennent que :

  • Un moyen d’expression accessible et humain : La photographie offre une alternative aux approches verbales traditionnelles, permettant aux participant·e·s d’exprimer des vécus complexes, incarnés ou stigmatisés tout en déconstruisant les récits dominants sur la consommation.
  • Des retombées thérapeutiques et communautaires : La démarche favorise la réflexion critique, l’estime de soi, le sentiment d’appartenance et la création d’espaces sécuritaires et sans jugement pour les personnes marginalisées.
  • Des tensions éthiques et méthodologiques : L’utilisation de la photographie en contexte de consommation peut soulever des enjeux majeurs entourant le consentement éclairé, la confidentialité, la sécurité physique et psychosociale, ainsi que le risque de voyeurisme ou de décontextualisation des images.
  • Une sous-exploitation de la mobilisation des connaissances : Bien que ces méthodes visuelles possèdent un fort potentiel de sensibilisation, très peu d’études décrivaient des stratégies concrètes pour acheminer ces résultats auprès des décideur·euse·s politiques et du grand public.